Les lectorats

Une vaste enquête téléphonique, menée par Sylvie Provost au début de la décennie 1980, a fourni un portrait des lectrices et lecteurs de fascicules au Québec, tous genres confondus [1].

 

L’enquête révèle que la littérature québécoise en fascicules est lue massivement, soit par environ 15% de la population. On consomme ces objets principalement pour se distraire, s’amuser ou se détendre, dans toutes les régions du Québec. Les lectrices et lecteurs sont âgés de quinze ans en moyenne, et la durée de lecture s’étend de 6 à 10 années, ce qui fixe l’âge maximal moyen à vingt-cinq ans. On sait aussi que les lectrices et lecteurs de fascicules sentimentaux sont légèrement plus âgés que les autres.

 

Tout porte à croire que le lectorat est mobile dans les différents sous-genres, consommant en parallèle des aventures policières en même temps que des fascicules sentimentaux, par exemple. Cette mobilité du lectorat est fortement encouragée par l’instance éditoriale, qui multiplie les annonces pour des séries concurrentes, ne ratant aucune occasion d’exhiber l’ensemble de son catalogue dans le péritexte [2]. Il n'empêche que la série la plus populaire est sans conteste « Les aventures étranges de l'agent IXE-13, l'as des espions canadiens » (publiée chez Police-Journal et écrite par Pierre Saurel, l’écrivain le plus prolifique dans ce domaine), puisque 86% des répondantes et répondants l’ont lue, contre 37% d’adeptes de romans sentimentaux [3].

 

[1] Sylvie Provost, « Avez-vous déjà lu IXE-13, Albert Brien, Guy Verchères…? », Études littéraires, vol. 15, no 2, août 1982, p.133-164.

[2] Marie-Pier Luneau et Jean-Philippe Warren, « Le temps des fascicules. Splendeurs et misères d’un format », à paraître.

[3] Sylvie Provost, « Avez-vous déjà lu IXE-13, Albert Brien, Guy Verchères…? », Études littéraires, vol. 15, no 2, août 1982, p.141.

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