Les genres

Le catalogue des Éditions Police-Journal se révèle un bon observatoire des genres littéraires à la mode au Québec, au sortir de la guerre. De fait, tous les goûts des lectrices et des lecteurs sont satisfaits avec les différentes séries, dont les titres exaltent les prouesses d’héroïnes et de héros franchement patriotiques :

 

  • « Les aventures policières d’Albert Brien, détective national des Canadiens-français »

  • « Les exploits policiers du Domino noir »

  • « Les aventures extraordinaires de Guy Verchères, l’Arsène Lupin canadien-français »

  • « Les aventures étranges de l’agent IXE-13, l’as des espions canadiens »

  • « Les aventures de Cow-Boys »

  • « Diane la belle aventurière »

  • « Les aventures futuristes de deux savants canadiens-français »

  • « Roman d’amour »

 

Un simple coup d’œil suffit pour constater que le maître mot de ces récits, c’est « l’aventure ». Peu importe le canevas générique suivi (roman policier à énigmes, suspense, fantastique, espionnage, amour), c’est l’aventure, ponctuée de péripéties et se concluant par un triomphe absolu de l’héroïne ou du héros, qui compte ici. 

 

Alors que les romans policiers, d’espionnage et d’aventures présentent l'évolution d'une héroïne ou d'un héros récurrent dont les péripéties sont renouvelées d'une semaine à l'autre, le roman sentimental, lui, offre systématiquement un nouveau couple qui, malgré les épreuves, se trouve réuni à la fin. Cela ne signifie pas que les héroïnes et les héros comme Diane la belle aventurière ou le Domino noir ne rencontrent pas l’amour, non plus que les héroïnes de romans sentimentaux ne vivent pas d’aventures, bien au contraire. L’analyse approfondie des fascicules montre plutôt que la matérialité – en particulier les illustrations – les inscrit dans un sous-genre très précis (sentimental, policier, espionnage), alors que les récits eux-mêmes s’ingénient à brouiller les frontières génériques et à jouer avec les ingrédients propres à chacun des sous-genres. L’amalgame semble bien commode pour favoriser la migration du lectorat d’une série à l’autre : on est ainsi assuré de trouver toujours un peu de tout dans chacun des romans. Cette stratégie est aussi supportée par les publicités placées à l’intérieur des fascicules, lesquelles encouragent l’achat de toutes les séries, peu importe le genre romanesque exhibé.

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